NCLC Prep

Exemple de réponse à la tâche 3 de l’expression orale du TCF Canada

Vérifié le 2 novembre 2026

En tâche 3, vous avez 4 min 30, sans préparation, pour défendre un point de vue sur une question de société. Une réponse solide reformule la question, prend position, donne deux arguments avec des exemples concrets, répond à l’avis contraire et conclut. L’examinateur peut vous interrompre pour demander une précision. Voici un exemple complet, inventé, dans le format de France Éducation international (FEI).

La question

Sujet (inventé). Faut-il interdire les voitures dans le centre des villes ?

C’est le même type de question que dans le sujet d’exemple de FEI, une question d’opinion sans bonne réponse officielle. Les capacités que cite FEI portent sur l’argumentation et la langue. Rien n’indique qu’une opinion vaille mieux qu’une autre.

La réponse

Candidat. Alors, la question est de savoir si on devrait fermer le centre-ville aux voitures. Personnellement, je pense que oui, mais pas du jour au lendemain, et pas pour tout le monde.

D’abord, pour une raison de santé. Dans le centre, les rues sont étroites et la pollution reste entre les immeubles. Quand j’habitais à Douala, je marchais tous les jours sur un grand boulevard pour aller au travail, et le soir j’avais souvent mal à la tête à cause des gaz d’échappement. Moins de voitures, c’est un air plus propre pour ceux qui vivent et travaillent là.

Ensuite, je pense que ça rend la ville plus agréable. Quand une rue devient piétonne, les gens s’y arrêtent, les terrasses s’installent et les petits commerces en profitent. Dans mon quartier, la rue du marché est fermée aux voitures le samedi depuis trois ans. Au début, les commerçants protestaient parce qu’ils avaient peur de perdre des clients. Aujourd’hui, ce sont eux qui demandent de fermer la rue aussi le dimanche.

Examinateur. Et les personnes âgées, ou les livreurs ? Comment ils font ?

Candidat. C’est une vraie limite, vous avez raison. C’est pour ça que je disais « pas pour tout le monde ». Il faudrait laisser passer les véhicules de livraison à certaines heures, les taxis, et les personnes qui ont une carte de stationnement pour handicap. L’idée, ce n’est pas d’empêcher les gens de venir, c’est d’arrêter la circulation de passage.

Bien sûr, certains diront que sans voiture, les clients iront dans les centres commerciaux en périphérie. C’est un risque. Mais à mon avis, ça marche seulement si on propose autre chose en même temps, c’est-à-dire des transports en commun fréquents et des parkings à l’entrée de la ville. Si le bus passe toutes les vingt minutes, personne ne laissera sa voiture.

Donc, pour conclure, je suis pour, à condition que ça se fasse progressivement, avec des exceptions, et avec de vrais transports en commun. Sinon, on punit seulement ceux qui n’ont pas le choix.

Pour tenir les 4 min 30

Lue à voix haute, cette réponse dure environ 2 min 30, question de l’examinateur comprise. Le jour du test, l’examinateur peut poser plusieurs questions, mais ne comptez pas dessus. Pour tenir la durée sans réciter, gardez en réserve de quoi développer.

  • Un troisième argument, par exemple le bruit. « En plus, le soir, on pourrait enfin ouvrir les fenêtres. »
  • Un second exemple pour un argument, tiré d’un autre pays ou d’une autre ville que vous connaissez.
  • Une comparaison, ce qui se passe chez vous et ce que vous avez lu ou vu ailleurs.
  • Une nuance dans la conclusion, ce qui vous ferait changer d’avis.

Voici par exemple un troisième argument, rédigé en entier, qui ajoute environ 45 secondes.

Il y a aussi une question de sécurité. Devant l’école de ma fille, les parents se garent en double file tous les matins, et les enfants traversent entre les voitures. Depuis que la mairie a interdit la circulation à l’heure de l’entrée, il n’y a plus ce chaos, et les enfants viennent à pied ou à vélo. Je pense que ce qui marche devant une école pourrait marcher dans tout un centre-ville.

Cette réponse vise un bon B2, soit le NCLC 7 ou 8. Pour le C1, il faudrait plus de nuances et de concessions, et des phrases qui hiérarchisent les idées (voir le NCLC 9 à l’écrit et à l’oral).

Le plan derrière la réponse

Moment Ce que fait le candidat
Position Reformule la question et donne un avis nuancé dès le départ
Argument 1 La santé, avec un souvenir personnel précis
Argument 2 La vie de quartier, avec un exemple précis de son quartier
Question de l’examinateur Reconnaît la limite, puis la relie à sa position de départ
Objection Cite l’avis contraire, l’accepte en partie et y répond
Conclusion Reprend la position avec ses conditions

Ce que cette réponse montre

  • Des connecteurs qui structurent (d’abord, ensuite, bien sûr… mais, donc, pour conclure).
  • Des temps variés. L’imparfait pour le souvenir et les débuts de la rue piétonne, le présent pour aujourd’hui, le conditionnel pour les propositions, et une hypothèse avec si.
  • Une vraie réponse à l’interruption, sans perdre le fil. Le manuel autorise l’examinateur à interrompre pour demander des précisions sur vos arguments, ou s’il soupçonne que vous récitez.

Parmi les capacités évaluées à l’oral, le manuel cite le fait de donner son opinion, d’exprimer son accord et son désaccord, et de présenter une argumentation claire et structurée. Ne l’apprenez pas. La même structure doit marcher sur une question que vous découvrez.

La méthode et les pièges sont dans la tâche 3 de l’oral. La tâche 3 de l’écrit demande le même raisonnement sur deux documents, et NCLC Prep peut la noter sur 20.

Sources

  1. France Éducation international, exemple d’épreuve d’expression orale du TCF tout public, Québec et Canada (PDF)
  2. France Éducation international, Manuel du candidat au TCF (version Q, septembre 2026)