Tâche 1 de l’expression orale, une série de 3 tours de 2 minutes avec un modèle
Vérifié le 3 novembre 2026
La tâche 1 de l’oral est un entretien dirigé de 2 minutes, sans préparation. Le plus dur n’est pas de connaître les réponses, c’est de ne pas savoir quelle question va arriver, et de devoir répondre aussitôt, en développant au-delà de quelques mots. Cette page vous donne trois tours de questions pour vous y habituer, avec un modèle de réponse au tour le plus dur.
Les questions et le modèle sont les nôtres, pas ceux de France Éducation international (FEI). Personne en dehors de FEI ne peut dire quelle note obtiendrait un entretien, notre modèle vise le NCLC 7 (B2).
Comment faire la série
- Écrivez chaque question sur une petite carte, une carte par question, et séparez les trois tours en trois tas.
- Lancez l’enregistrement sur votre téléphone et réglez un minuteur de 2 minutes sur une montre ou un autre appareil.
- Retournez la première carte du tour 1, lisez la question à voix haute comme le ferait l’examinateur, puis répondez. Quand vous avez fini, retournez la carte suivante. Pas de pause pour réfléchir plus de quelques secondes.
- Quand le minuteur sonne, arrêtez-vous, même au milieu d’une phrase. Notez combien de questions vous avez traitées.
- Faites les trois tours le même jour avec cinq minutes de pause, ou un tour par jour. Allez toujours du plus simple au plus dur.
- Réécoutez l’enregistrement seulement à la fin de la série.
Si vous avez quelqu’un sous la main, demandez-lui de poser les questions dans l’ordre de son choix et de relancer sur un mot de votre réponse. C’est plus proche de l’examen, et c’est ce que le script de l’oral blanc complet vous aide à organiser.
Le partage des 2 minutes
| Temps | Ce que vous faites |
|---|---|
| 5 premières secondes | Répondre directement à la question, en une phrase |
| 5 à 20 secondes | Ajouter un détail concret, un lieu, un nom, un chiffre |
| 20 à 30 secondes | Donner une raison, une nuance ou un contraste |
| Toutes les 30 secondes | L’examinateur enchaîne ou relance, vous repartez |
Ce partage est le nôtre, FEI ne fixe pas de durée par réponse. L’idée est simple. En 2 minutes, avec les questions de l’examinateur, il reste place pour quatre ou cinq réponses de 20 à 30 secondes. Une réponse d’un seul mot oblige l’examinateur à relancer et ne montre rien. Une réponse de deux minutes l’empêche de poser d’autres questions.
Tour 1, des questions pour s’échauffer (le plus simple)
Après « Est-ce que vous pouvez vous présenter ? », l’examinateur choisit en général des questions sur le quotidien. Voici cinq questions de ce genre.
- Qu’est-ce que vous mangez le matin, en général ?
- Comment est-ce que vous allez au travail ou à l’école ?
- Quel temps fait-il chez vous en ce moment ?
- Vous avez un objet que vous gardez toujours avec vous ?
- Vous préférez les films ou les séries ?
Ces questions n’appellent qu’un présent. Le piège est de s’arrêter à la première phrase. Pour chacune, ajoutez un détail et une raison. « Je prends un café et du pain » devient « Je prends un café noir et du pain avec du fromage, parce que je n’ai jamais faim très tôt ».
Tour 2, des questions qui demandent de développer
Même départ, mais les questions demandent de raconter ou d’expliquer.
- Pourquoi voulez-vous aller vivre au Canada ?
- Décrivez-moi une journée normale pour vous.
- Qui est la personne qui compte le plus pour vous, et pourquoi ?
- Qu’est-ce que vous avez fait hier soir ?
- Si vous deviez choisir une ville au Canada, laquelle ?
Ici, il faut changer de temps. « Hier soir » appelle le passé composé et l’imparfait. « Si vous deviez choisir » appelle le conditionnel. « Pourquoi le Canada » demande une raison précise, pas « parce que c’est bien ». Citez un fait, un métier, une personne, une ville.
Tour 3, des questions plus dures (le plus exigeant)
Ici, les questions vous sortent de votre zone de confort.
- Si vous pouviez changer une chose dans votre quartier, ce serait quoi ?
- Pourquoi pas autre chose, par exemple les transports ?
- Vous avez déjà essayé d’agir pour que cela change ?
- Qu’est-ce que vous changeriez dans votre façon de vivre en arrivant au Canada ?
Ces questions s’enchaînent, donc gardez ce tour dans l’ordre. À la première question, répondez avec un problème précis de votre quartier, car les suivantes partent de votre réponse. La deuxième repart de votre réponse, la troisième vous fait raconter, la quatrième vous fait vous projeter. Elles demandent une hypothèse, une justification et un récit au passé, là où le tour 1 se contentait du présent. Ce classement est notre estimation, pas un barème de FEI.
Un exemple de réponse pour les tours 1 et 2
Tour 1. Les réponses restent au présent, avec un détail et une raison.
Examinateur. Qu’est-ce que vous mangez le matin, en général ?
Candidat. Je prends un café noir et du pain avec du fromage, parce que je n’ai jamais faim très tôt. Le week-end, c’est différent, je prépare des œufs avec ma fille.
Tour 2. Il faut changer de temps selon la question.
Examinateur. Pourquoi voulez-vous aller vivre au Canada ?
Candidat. Mon frère est installé à Moncton depuis trois ans, et il m’a parlé de son travail et de l’école de ses enfants. Je suis ingénieur, et j’aimerais que ma famille ait plus de choix. J’ai aussi toujours voulu vivre dans un pays où l’on parle deux langues.
Examinateur. Qu’est-ce que vous avez fait hier soir ?
Candidat. Hier soir, je suis rentré vers dix-neuf heures et j’ai préparé le dîner pendant que ma fille faisait ses devoirs. Ensuite, nous avons regardé un film, mais je me suis endormi avant la fin.
Le modèle du tour 3
Voici un entretien complet pour ce tour. L’examinateur et le candidat, Rachid, sont inventés. Rachid prononce 191 mots. À 130 mots par minute, un rythme que nous supposons, cela fait environ 1 min 28 s. Le reste des 2 minutes est pris par les questions et les pauses. Chaque réponse fait entre 35 et 60 mots, c’est la longueur visée pour une question.
Examinateur. Si vous pouviez changer une chose dans votre quartier, ce serait quoi ?
Rachid. Franchement, je changerais l’éclairage de ma rue. Elle est très sombre le soir, et ma femme n’ose plus rentrer seule après dix-huit heures. Ce n’est pas dramatique, mais ça limite beaucoup sa liberté, alors qu’il suffirait de quelques lampadaires.
Examinateur. Pourquoi pas autre chose, par exemple les transports ?
Rachid. Les transports posent problème aussi, c’est vrai, mais on ne peut pas tout régler en même temps. Si j’avais à choisir, je commencerais par ce qui coûte peu et qui change la vie tout de suite. Un nouveau bus, ça coûterait très cher et ça prendrait des années.
Examinateur. Vous avez déjà essayé d’agir pour que cela change ?
Rachid. Oui, il y a deux ans, j’ai écrit à la mairie avec trois voisins. On nous a répondu qu’il n’y avait pas de budget. Du coup, nous avons fait signer une pétition dans l’immeuble, et la mairie a fini par installer deux lampadaires. Ce n’est pas assez, mais j’ai appris qu’il faut insister.
Examinateur. Qu’est-ce que vous changeriez dans votre façon de vivre en arrivant au Canada ?
Rachid. J’essaierais d’être plus patient. À Sfax, je règle presque tout par téléphone, avec des gens que je connais. Au Canada, je sais qu’il faudra suivre des procédures, remplir des formulaires, attendre. Au début, ça me fera peut-être perdre mon calme, mais si je veux m’intégrer, il faut que je m’y habitue.
Pourquoi ces réponses marquent des points
Le tableau relie chaque passage aux trois familles de critères de FEI, détaillées dans la notation de l’oral. C’est notre lecture, FEI ne publie pas d’entretien annoté.
| Dans les réponses | Famille de critères | Ce que cela montre |
|---|---|---|
| je changerais, j’essaierais, ça prendrait | Linguistique | Le conditionnel employé à bon escient pour l’hypothèse |
| il suffirait de, il faut que je m’y habitue | Linguistique | Un subjonctif et une tournure impersonnelle, sans phrase trop longue |
| j’ai écrit, nous avons fait signer, a fini par installer | Linguistique | Un récit au passé composé, avec un enchaînement clair |
| ma femme n’ose plus rentrer seule après dix-huit heures | Pragmatique | Un détail concret qui rend la réponse crédible et donne prise à l’examinateur |
| mais, du coup, alors que | Pragmatique | Des liens logiques courts, qui font avancer la réponse sans la rallonger |
| La réponse à « pourquoi pas autre chose » | Pragmatique | Rebondir sur la question et défendre son choix, au lieu de répéter la réponse précédente |
| le vous de l’entretien, un registre courant sans argot | Sociolinguistique | Un registre adapté à un examinateur que l’on ne connaît pas |
Chaque réponse finit sur une nuance ou une conséquence, c’est ce mouvement qu’il faut garder. Ne récitez pas ce texte, voyez pourquoi.
Réécouter en 3 minutes
- Chaque réponse fait au moins deux phrases, avec un détail concret.
- Tour 1, vous avez donné une raison à chaque réponse.
- Tour 2, vous avez employé un temps du passé pour « hier soir » et un conditionnel pour « si vous deviez choisir ».
- Tour 3, vous avez employé le conditionnel pour l’hypothèse, le passé pour le récit et le futur ou le conditionnel pour le projet.
- Vous n’avez pas rempli les blancs avec « euh » ou « voilà » plus de quelques fois, et vous avez vouvoyé l’examinateur sans argot.
- Vous vous êtes arrêté au signal, sans demander du temps en plus.
Pour le déroulé de l’épreuve et les thèmes de FEI, voyez la tâche 1 de l’oral. Un exemple d’entretien plus simple est dans l’exemple de la tâche 1, des relances annotées dans le modèle de la tâche 1, et les fautes typiques dans les erreurs de la tâche 1. D’autres questions sont dans la liste des sujets d’oral. La série continue avec la tâche 2 chronométrée.
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