Tâche 3 de l’expression orale, une série de 3 questions d’opinion en 4 min 30
Vérifié le 3 novembre 2026
La tâche 3 est la plus longue de l’oral, 4 min 30, et celle où vous parlez le plus longtemps sans question de l’examinateur. L’examinateur donne une question, vous défendez un point de vue, et d’après notre expérience des sujets, il peut vous couper pour demander une précision. Le plus dur n’est pas d’avoir un avis, c’est de parler 4 minutes de suite sans tourner en rond.
Voici trois questions à faire l’une après l’autre, du plus simple au plus exigeant. Les questions et le modèle sont les nôtres, pas ceux de France Éducation international (FEI). Personne en dehors de FEI ne peut dire quelle note obtiendrait une réponse, notre modèle vise le NCLC 7 (B2).
Comment faire la série
- Écrivez les trois questions sur des cartes, face cachée, et pour chacune une objection sur une autre carte (voir plus bas).
- Posez le téléphone en mode enregistrement et réglez un minuteur sur 4 min 30. Pas de préparation, pas de notes, pas de dictionnaire.
- Retournez la carte de la question, lisez-la à voix haute, et commencez tout de suite.
- Quand vous avez fini votre deuxième argument, ce qui arrive entre 2 et 3 minutes, retournez la carte d’objection. Avec un partenaire, c’est lui qui la lit. Répondez-y avant de reprendre votre plan.
- Arrêtez-vous au signal, même au milieu d’une phrase.
- Faites un seul sujet par séance si possible, car 4 min 30 de parole fatiguent plus qu’on ne croit. Réécoutez ensuite.
Comment utiliser les 4 min 30
| Moment | Ce que vous dites | Durée indicative |
|---|---|---|
| Position | Reformulez la question et donnez votre avis | 20 s |
| Argument 1 | Une raison, puis un exemple concret, vécu si possible | 1 min 15 |
| Argument 2 | Une seconde raison, avec un autre exemple | 1 min 15 |
| Objection | L’avis contraire, et ce que vous lui répondez | 1 min |
| Conclusion | Votre position, nuancée | 20 s |
Ces durées sont notre suggestion, pas une règle de FEI. Les questions de l’examinateur prennent sur votre temps, donc gardez le deuxième argument souple. Si vous arrivez à 2 minutes avec tout dit, vous n’avez pas assez d’exemples. Tenez un exemple de réserve pour relancer.
Si vous finissez trop tôt, ce n’est pas grave. Une réponse un peu plus courte qui reste claire vaut mieux qu’une réponse remplie de répétitions. Pour l’allonger, développez d’abord l’exemple de chaque argument, puis donnez la conséquence de ce que vous avancez, et enfin répondez vous-même à une objection comme le fait le modèle.
Un conseil pour ne pas tourner en rond. Notez dans votre tête trois mots avant de parler, un par argument, par exemple « santé », « confiance », « exemple d’un ami ». Ce sont des repères, pas un texte à réciter.
Question 1, un choix de vie quotidienne (le plus simple)
Sujet (inventé). Vaut-il mieux faire ses courses en magasin ou en ligne ?
Tout le monde a un avis et un exemple. Le piège est de rester sur « c’est plus pratique » pendant 4 minutes. Cherchez deux angles différents, comme le temps et la relation avec les commerçants, ou le prix et la qualité.
Objection à lire après le deuxième argument. Mais les personnes âgées ou sans internet, comment font-elles ?
Question 2, un choix de société (plus exigeant)
Sujet (inventé). Tous les jeunes devraient-ils consacrer une année de leur vie au bénévolat ?
Ici, il faut un avis sur ce que l’on peut imposer à quelqu’un. Pensez aux avantages (apprendre, rencontrer des gens) et aux limites (le coût pour une famille, l’obligation). Distinguer « obliger » et « encourager » donne une nuance.
Objection à lire après le deuxième argument. Mais un travail fait par obligation, est-ce que ça compte vraiment ?
Question 3, une question de valeurs (le plus exigeant)
Sujet (inventé). Faut-il toujours dire la vérité ?
C’est la plus abstraite. Elle n’a pas de réponse évidente, et les exemples ne sont pas faciles à trouver sur commande. Un oui franc est difficile à tenir 4 minutes. Un non franc aussi. La réponse nuancée, qui pose une limite précise, est la plus facile à développer.
Objection à lire après le deuxième argument. Mais si on commence à cacher des choses, la confiance ne disparaît-elle pas ?
La réponse modèle de la question 3
L’examinateur est inventé, comme la candidate. La réponse suit le plan du tableau ci-dessus. Elle est assez longue pour remplir presque tout le temps, avec une demande de précision et une objection de l’examinateur. Dans ce modèle, les deux arguments sont courts, donc l’objection arrive vers 2 minutes.
Candidate. La question, c’est de savoir si on doit dire la vérité en toute circonstance, même quand elle fait mal. Personnellement, je pense que non, ou plutôt que cela dépend de la façon de la dire et de la raison pour laquelle on la dit.
D’abord, il y a des situations où la vérité n’apporte rien, sauf de la peine. Quand mon grand-père est mort, ma grand-mère a demandé à mon oncle s’il avait souffert. Mon oncle savait que les derniers jours avaient été difficiles, mais il a seulement répondu qu’il n’était pas seul et que nous étions tous là. Au début, j’étais choquée, je trouvais que c’était un manque de respect envers elle. Mais en la voyant retrouver un peu de calme, j’ai compris qu’il avait voulu la protéger. Je ne dis pas que c’était la seule bonne solution, mais c’était un choix d’amour, pas un mensonge pour se faciliter la vie.
Examinateur. Vous auriez fait la même chose à sa place ?
Candidate. Honnêtement, je ne sais pas. Je crois que j’aurais d’abord demandé à ma grand-mère ce qu’elle voulait savoir, parce que certaines personnes préfèrent connaître la vérité.
Ensuite, dire la vérité sans réfléchir peut être une façon d’être égoïste. Certaines personnes disent « moi, je suis franc » alors qu’en réalité, elles veulent surtout se soulager. Dans mon ancienne équipe, un collègue disait ce qu’il pensait du travail des autres devant tout le monde, sans jamais proposer d’aide. Résultat, personne ne l’écoutait, alors que ses remarques étaient souvent justes. À mon avis, la vérité ne sert que si l’autre peut l’entendre.
Examinateur. Mais si on commence à cacher des choses, la confiance ne disparaît-elle pas ?
Candidate. Vous avez raison, c’est le vrai danger. Si mon chef me cachait que mon poste est menacé pour ne pas m’inquiéter, je le vivrais très mal, et je ne lui ferais plus confiance. C’est pour ça que je ne parle pas de mensonge en général. Il y a des vérités qu’on doit à l’autre, parce qu’il s’agit de sa santé, de son argent ou de son avenir, et dans ce cas, se taire revient à décider à sa place. Ma limite est donc celle-ci. Je peux taire un détail qui ne change rien, mais pas une information dont l’autre a besoin pour décider de sa vie.
Je me pose moi-même une objection. On peut dire aussi que le mensonge, même petit, s’use. Quand on commence à arranger la réalité, on finit par ne plus savoir où est la limite, et il faut se souvenir de ce qu’on a dit à chacun. C’est vrai, et c’est pour cela que je préfère une règle simple. Je ne dis jamais le contraire de ce que je pense, mais je choisis ce que je dis et le moment. Par exemple, si un ami me demande si son projet est bon et que je n’y crois pas, je ne répondrai pas « c’est excellent ». Je dirai d’abord ce qui marche, puis ce qui me paraît risqué, et je proposerai d’en discuter. Il saura ce que je pense, sans que je l’écrase.
Donc, pour conclure, je ne crois pas qu’il faille dire toute la vérité à tout le monde, tout le temps. En revanche, on doit à l’autre la vérité qui le concerne, dite avec soin. Entre le silence qui protège et la franchise qui blesse, il y a un chemin, et c’est celui-là qu’il faut apprendre à prendre.
546 mots prononcés par la candidate, en comptant comme mot chaque groupe de caractères entre deux espaces. À 130 mots par minute, un rythme que nous supposons, cela fait environ 4 min 12 s. Le reste des 4 min 30 est pris par les questions de l’examinateur et les pauses.
Pourquoi cette réponse marque des points
Le tableau relie chaque passage aux trois familles de critères de FEI, détaillées dans la notation de l’oral. C’est notre lecture, FEI ne publie pas de réponse annotée.
| Dans la réponse | Famille de critères | Ce que cela montre |
|---|---|---|
| je le vivrais, je ne lui ferais plus confiance, je ne répondrai pas | Linguistique | Le conditionnel et le futur employés à bon escient |
| il avait voulu la protéger | Linguistique | Le plus-que-parfait pour situer un fait avant un autre |
| je ne crois pas qu’il faille dire | Linguistique | Un subjonctif après un verbe d’opinion à la forme négative |
| La question, c’est de savoir si… | Pragmatique | Reformuler la question avant de répondre |
| D’abord, ensuite, bien sûr, donc, en revanche | Pragmatique | Un plan que l’examinateur peut suivre à l’oreille |
| « ma grand-mère », « mon ancienne équipe » et « un ami » | Pragmatique | Un exemple concret par argument, ce qui rend l’opinion défendable |
| « Vous avez raison, c’est le vrai danger » puis « Ma limite est donc celle-ci » | Pragmatique | Reconnaître l’objection de l’examinateur, puis préciser sa position avec une limite claire |
| « Je me pose moi-même une objection » | Pragmatique | La candidate soulève une seconde objection avant qu’on la lui fasse, et y répond par une règle |
| « Vous auriez fait la même chose à sa place ? » | Pragmatique | Répondre à une demande de précision sans changer de position |
| le vous avec l’examinateur, aucun mot familier | Sociolinguistique | Un registre soutenu mais naturel, adapté à l’échange |
La réponse n’emploie aucun mot rare. Ce qui la place au niveau visé, c’est qu’elle prend une position, la tient face à l’objection et la termine sur une règle précise.
Ne récitez pas ce texte, voyez pourquoi.
Réécouter en 5 minutes
- Vous avez reformulé la question avant de donner votre avis.
- Chaque argument a un exemple concret, de préférence vécu.
- Vous avez répondu à l’objection avant de reprendre votre plan.
- Votre conclusion ajoute une nuance et ne répète pas l’introduction.
- Vous avez tenu jusqu’au signal, sans silence de plus de quelques secondes.
- Vous avez employé au moins deux connecteurs différents pour passer d’une idée à l’autre.
- Vous n’avez pas changé d’avis en cours de route sans le dire.
Pour la méthode et les critères, voyez la tâche 3 de l’oral. Une réponse complète sur les voitures en centre-ville est dans l’exemple de la tâche 3, la comparaison de deux niveaux dans le modèle de la tâche 3, et les pièges dans les erreurs de la tâche 3. D’autres questions sont dans la liste des sujets d’oral. La série continue avec la tâche 1 chronométrée et la tâche 2 chronométrée.
NCLC Prep note l’écrit, pas l’oral. Si votre expression écrite est aussi à travailler, faites corriger une tâche écrite. Le correcteur relève chaque erreur et estime votre NCLC, avec un essai gratuit limité.